NOTES POUR LA DESTITUTION DE NAMBALA KEITA,
CHEF DE CANTON DE NARENA, A 1943

par Jan Jansen, Université de Leriden, Pays-Bas
[adaptè pour le Web par Jim Jones]

1. L'ancien jamana de Naréna était constitué du `tata' (forteresse) de Kandia et de quelques tatas voisins (aujourd'hui commemorés dans les noms des quartiers du village de Naréna) dont `dépendaient les villages de Kenyèma (petit), Samolofida (petit), Nafaguè (petit) et Koulaka (grand)', selon ANSOM (Archive Nationale, Section Outre-Mer à Aix-en-Provence), Sénégal et Dépendances IV 92A. Je n'ai pas pu localiser Nafaguè et Koulaka. Ce document mentionne `Socourani' comme une partie du canton de Djoulafondo. Cela peut expliquer l'opposition de Sokourani à Nambala, plus tard. Ce document présente les habitants du canton de Naréna comme des `Bambara', en contraste avec le reste de la population qui est Malinke (Maninka). Pour les noms des tatas voisins de Kandia, voir Camara et Jansen 1999. Le nom `Naréna' pour le village de Naréna est récent; il a été introduit sous l'administration coloniale. Notons que Sebekourani est un village de fondation récente. L'ancien jamana de Bala (ou Balan) était constitué de Balakomana, Djelibanin et Balamansaya. Balakomana est considéré comme une fondation de Nougani, un village qui ne faisait pas partie de Bala.

2. Le nom de `Keniéba' est très courant dans la région; kenyè étant `sable' et le suffixe -ba étant `grand'. L'origine du nom d'Abaladougou est inconnue (dugu = village). La relation entre Keniéba et Abaladougou ne me semble pas claire. Aujourd'hui la population fait référence au conflit de 1930, qui aurait été la cause de la séparation de deux quartiers du même village, mais en ce temps le nom de Abaladougou-Keniéba existait déjà.

3. La carte ci-annexée vient du rapport écrit le 5 mars 1888, au moment où les Français occupaient la région de Kangaba, abandonnée par Samori en 1887. Voir ANSOM (Archives Nationales Section Outremer), Sénégal et Dépendances IV, Expansion Territoriale et Politique indigène, dossier dossier 90bis.

4. Le 3 octobre 1996, un notable du village de Sokourani attestait dans une interview que l'ancien nom du village était Djoulafondo. Aujourd'hui le village de Djoulafondo est encore assez petit et sans influence régionale.

5. Il y a une exception; les fiches de renseignements du premier chef de canton Mamary Keita mentionnent comme `principaux adversaires' `les chefs de village de Karan et de Baladougou Kenieba'. Voir ANMK (Archives Nationales du Mali à Koulouba [Bamako]), FR (Fonds Récents) 2 E 5 Fiches de Renseignements des Chefs de Canton Bamako II, 1917- 1951.

6. Nous sommes dans la période où le fonctionalisme structural (Evans-Prittchard) dominait les analyses historiques et anthropologiques des sociétés africaines, et alors on ne voyait pas le dynamisme social et historique.

7. ANMK, FR 3 Q 59 Question de l'or 1934- 1945, année 1944.

8. ANMK, FR 1 E 46 Rapports de tournées dans le cercle de Bamako 1932-1935. En 1996, j'entendais à Toumondo (présentement à côté du village de Komakara) que le village était transféré au moment du changement de la frontière. ANSOM, Soudan VII, Administration générale, dossier 3, décision no. 73 du 13 janvier 1897 détermine la nouvelle frontière et mentionne que Naréna a été transféré au cercle de Bamako.

9. Le décret de cette création (daté du 18 juin 1941) se trouve dans ANMK, FR 2 D 23 Inspection des Affaires Administratives Kangaba 1951-1953.

10. ANMK, FR 1 E 26 Rapports politiques et rapports de tournées subdivision Kourémalé 1942- 1946.

11. ANMK, FR 2 E 159 Affaires politiques, administratives et judiciaires 1933-1947, rapport 13 `Orpaillage - Réserves indigènes. Exploitation des placers Soudanais Bamako 1935-1937' [sic - Jansen], rapport du 23 avril 1947. En 1949 quelques gens migrèrent à Koflatè, bien que les revenus soient petits (ANMK, FR 1 E 7 Rapports politiques et rapports de tournées cercle de Bamako 1950-1958).

12. ANMK, FR 1 E 20 Rapports politiques et rapports de tournées subdivision de Kangaba, rapport mensuel de 18 décembre 1952. Le rapport mensuel du 24 novembre parle du désir des habitants de Kenyéba d'aller commencer l'orpaillage dans leur propre village.

13. En ce moment le canton de Maramandougou a été divisé en deux parties (les cantons de Maramandougou [Figuira] et le canton de Mininjan [Kangaba]), institutionalisant ainsi la rivalité entre les villages depuis 1888. Voir aussi Jansen 2000 et 2000b.

14. ANMK, FR 1 E 70 I Rapports Politiques Rapport de Tournée Cercle de Bamako 1921-1944, rapport 1929.

15. ANMK, FR 2 D 23 Inspection des Affaires Administratives Kangaba 1951-1953.

16. ANMK, FR 1 E 20 Rapports politiques et rapports de tournées Subdivison de Kangaba.

17. Pour 1938, ANMK, FR 2 E 5 Fiches de renseignements des chefs de canton Bamako II 1917-1958, pour 1947, ANMK, FR 2 D 23 Inspection des Affaires Administratives Kangaba 1951-1953. Les autres cantons de la subdivision avaient des chiffres remarquablement différents: Maramandougou avait 20.685 habitants et Bacama 1.101.

18. ANMK, FR 1 E 26 Rapports politiques et rapports de tournées subdivision Kourémalé 1942- 1946.

19. ANMK, FR 2 E 121 Instructions générales des chefs de canton 1905-1946, Rapport, Paris, le 11 octobre 1929, p. 3.

20. ANMK, FR 1 E 70 I Rapports politiques rapports de tournée cercle de Bamako 1921-1944, 1930 2e trimestre. L'administrateur Chef de la Subdivision E. Pelissier voulait ajouter le canton de Bacama (avec 602 imposables) au canton de Naréna. Au canton de Sobara (1.162 habitants) il voulait ajouter Bintania (305 habitants), Ouenta (285 habitants) et Kenieba-Congo (815 habitants). Quelques années après, le canton de Ouenta fut supprimé et ajouté au canton de Bintania (voir les documents sur ces cantons dans ANMK, FR 2 E 4 et 2 E 5). Cette mesure est encore fortement rappelée par la population (voir Zobel 1996).

21. ANMK, FR 2 D 23 Inspection des affaires administratives, rapport no. 118/AA1 Kangaba (1953).

22. Documentation dans ANMK, FR 2 E 5 Fiches de Renseignements des Chefs de Canton, Bamako II 1917- 1958, 18 Sendougou.

23. ANMK, FR 1 E 70 I Rapports politiques, rapports de tournée cercle de Bamako 1921-1944.

24. Trouvé dans ANMK, FR 2 D 23 Inspection des Affaires Administratives Kangaba 1951-1953.

25. ANMK, FR 2 E 5 Fiches de Renseignements des Chefs de Canton, Bamako II 1917-1958, Naréna.

26. Par rapport à la liste des chefs successifs (voir appendice dans l'article de Daouda Nambala Keita), il y a un petit problème. Une lettre du 6 janvier 1936 informe de l'installation d'un certain Nambala. Les opposants de ce Nambala sont les villages de Karan et Keniéba. Mais il s'agit de quel Nambala? Une lettre datée du 3 août 1936 traite à confusion. Elle nous informe que Nambala Keita succède à son defunt homonyme Nambala Keita.

27. Les fiches de 1938 et 1939 sont écrites par l'administrateur Hanin, chef de subdivision, et approuvées par André Morel, commandant de cercle de Bamako.

28. En 1996, lorsque je faisais des recherches sur Nankoman, l'ancêtre des Keita de Naréna, je n'ai pas trouvé pas d'information importante sur Nankoman à Sokourani. Cela m'étonnais à l'époque, ignorant la situation avant 1915. Voir note 27.

29. Je remercie Abdulayi Traoré de l'ANMK pour ses efforts dans la recherche de documents sur ce sujet. Malgré les conditions déplorables de quelques divisions des Archives Nationales (voir Conrad 1976, Harmon 1992), il a pu trouver plusieurs sources qui semblaient intéressantes, mais qui ne contenaient pas d'information sur Nambala. En général, l'année 1944 n'est pas bien documentée par les Français, ni à Bamako, ni à Aix-en-Provence où se trouve l'ANSOM. Grâce à M. Traoré j'ai pu consulter les documents suivants: dans la section ANMK, `Numérologiques II': FR 1 M 1103 Justice Indigène Tribunal Colonial d'Appel de Bamako 1944- 1946 [qui contient aussi décembre 1943 - Jansen]; ANMK, FR 2 M 17 Justice Indigène Bamako-Naréna- Goudam 1936-1952; ANMK, FR 2 M 152 Justice Indigène - Application des lois d'amnistie à certains condamnés du cercle de Bamako 1932-1947; dans la section Numérologiques III: ANMK, FR 480 Justice de Bamako 1931- 1950; ANMK, FR 1 M 2465 Remise de peine - Recours en grâce - tous cercles 1932-1947. Le dossier ANMK, FR 2 M 270 malheureusement ne contenait pas le document `promis' par son titre Notice des jugements rendus cercle de Bamako 1932-1946.

30. ANMK, FR 2 E 5 Fiches de Renseignements des Chefs de Canton, Bamako II 1917-1958, Naréna.

31. Sur Mamadou Diabate comme chef de village en 1960, voir Kante et Erny 1993 et l'article de Daouda Nambala Keita (voir ci-dessus).

32. ANMK, FR 1 E 20 Rapports Politiques et Rapports de Tournées Subdivision de Kangaba, rapport de 29 septembre 1952.

33. ANMK, FR 1 E 7 I Rapports Politiques et Rapports des Tournées Bamako II 1945-1958, 1950, revue trimestrielle des événements du Ier trimestre 1950. Les rapports mentionnent que, à cette époque, toute la région a été islamisée. Le rapport du quatrième trimestre de 1951 dit qu'il est `calme à Naréna'.

34. ANMK, FR 2 E 5 Fiches de Renseignements des Chefs de Canton, Bamako II 1917-1958, Naréna. Le rôle de Faguimba Keita, chef de canton de Maramandougou, personne hautement estimée par les Français, n'est pas clair. Ce Kandasi (descendant de la branche de Kanda, comme Fabou, fut regulièrement consulté par les Français pour diverses affaires politiques.

35. Télégramme Lettre CC Bamako à Gouv. Soudan Koulouba No 1843 S-I du 25 juillet 1943.

36. Cela s'explique aussi par leur position sociale comme des collaborateurs de l'administration coloniale (voir Camara ci-dessus).

37. Le commandant ajoute ici: `serviteur de la famille de Nambala, illittré, mais sage et honnête, rien à craindre de lui'.

38. Trouvé dans ANMK, FR 2 D 23 Inspection des Affaires Administratives Kangaba 1951-1953.

39. Pour l'élection du nouveau chef de canton il envoie des `jeunes diplomates' qui sont renvoyés sans être consultés à Naréna par l'administrateur Coisson. Voir: ANMK, FR 2 E 30 Fiches de Renseignements des Chefs de Canton - Kangaba 1943-1957.

40. En 1951, à Naréna, Yamoudou Keita est considéré comme le leader d'opposition contre Sinémory. Voir: ANMK, FR 1 E 20 Rapports politiques et rapports de tournées subdivision de Kangaba. Vu les conventions de 1943, le terme `légitimiste' a été utilisé incorrectement et injustement; le groupe de Naréna avait raison de revendiquer la chefferie de Naréna.

41. ANMK, FR 1 E 20 Rapports politiques et rapports de tournées subdivision de Kangaba, rapport 1954. Cette année, Keniéba refusa de collaborer à un `recensement'.

42. Le quartier Djigui a été construit en 1953 sans la permission de l'autre côté du marigot de Keniéba afin de matérialiser la séparation entre les deux groupes Keita. Les jeunes du nouveau quartier ont détruit le puits de l'ancien quartier; cinq d'entre eux ont été mis en prison à Bamako.

43. ANMK, FR 2 E 30 Fiches de Renseignements des Chefs de Canton - Kangaba 1943-1957.

44. ANMK, FR 1 E 7 Rapports Politiques et Rapports des Tournées Bamako II 1945-1958, rapport 1955, p. 3

45. ANMK, FR 2 D 23 Inspection des Affaires Administratives Kangaba 1951-1953.

46. ANMK, FR 1 E 20 Rapports politiques et rapports de tournées subdivision de Kangaba, p. 3.

47. Malgré la remarque `erreur n'est pas crime' M. Berthet fut très pessimiste, parce qu'il conclut: `Et un jour tout finira mal (...) et par notre faute (...) mais l'administration, responsable, devra s'expliquer, et ce sera difficile.'

48. ANMK, FR 1 E 20 Rapports politiques et rapports de tournées subdivision de Kangaba.

49. Ib., rapport du 24 novembre 1952. Il est bien possible qu'à la base de cette initiative fut un conflit entre Karan et Keniéba. La population de Karan collabora parfaitement et demanda comme rémunération un marché hebdomadaire ou un magasin de stockage de grains (voir ib., rapport du 31 décembre 1951).

50. ANMK, FR 1 E 26 Rapports politiques et rapports de tournées subdivision Kourémalé 1942- 1946, Kourémalé 1942. Les leaders `d'agitation' étaient: Mamadou Coné, Baya Tènè Kouman [Keita? - Jansen] et N'Faly Bérété, `marabout chasseur, ancien tirailleur' (sa photo est dans Johnson 1986, p. 86).

51. (1) Rappelés page 9 [du rapport - Jansen].

52. A noter que le chef actuel du canton Fabou Kéita, a eu également des ennuis avec la Justice en juillet 1939: trois jours de prison.