1. L'ancien jamana de Naréna
était constitué du `tata' (forteresse) de Kandia et de
quelques tatas voisins (aujourd'hui commemorés dans les noms
des quartiers du village de Naréna) dont `dépendaient
les villages de Kenyèma (petit), Samolofida (petit),
Nafaguè (petit) et Koulaka (grand)', selon ANSOM (Archive
Nationale, Section Outre-Mer à Aix-en-Provence),
Sénégal et Dépendances IV 92A. Je n'ai pas pu
localiser Nafaguè et Koulaka. Ce document mentionne
`Socourani' comme une partie du canton de Djoulafondo. Cela peut
expliquer l'opposition de Sokourani à Nambala, plus tard. Ce
document présente les habitants du canton de Naréna
comme des `Bambara', en contraste avec le reste de la population
qui est Malinke (Maninka). Pour les noms des tatas voisins de
Kandia, voir Camara et Jansen 1999. Le nom `Naréna' pour le
village de Naréna est récent; il a été
introduit sous l'administration coloniale. Notons que Sebekourani
est un village de fondation récente. L'ancien jamana
de Bala (ou Balan) était constitué de Balakomana,
Djelibanin et Balamansaya. Balakomana est considéré
comme une fondation de Nougani, un village qui ne faisait pas
partie de Bala.
2. Le nom de `Keniéba' est très
courant dans la région; kenyè étant `sable'
et le suffixe -ba étant `grand'. L'origine du nom
d'Abaladougou est inconnue (dugu = village). La relation
entre Keniéba et Abaladougou ne me semble pas claire.
Aujourd'hui la population fait référence au conflit de
1930, qui aurait été la cause de la séparation de
deux quartiers du même village, mais en ce temps le nom de
Abaladougou-Keniéba existait déjà.
3. La carte ci-annexée vient du rapport
écrit le 5 mars 1888, au moment où les Français
occupaient la région de Kangaba, abandonnée par Samori
en 1887. Voir ANSOM (Archives Nationales Section Outremer),
Sénégal et Dépendances IV, Expansion
Territoriale et Politique indigène, dossier dossier
90bis.
4. Le 3 octobre 1996, un notable du village
de Sokourani attestait dans une interview que l'ancien nom du
village était Djoulafondo. Aujourd'hui le village de
Djoulafondo est encore assez petit et sans influence
régionale.
5. Il y a une exception; les fiches de
renseignements du premier chef de canton Mamary Keita mentionnent
comme `principaux adversaires' `les chefs de village de Karan et
de Baladougou Kenieba'. Voir ANMK (Archives Nationales du Mali
à Koulouba [Bamako]), FR (Fonds Récents) 2 E 5
Fiches de Renseignements des Chefs de Canton Bamako II, 1917-
1951.
6. Nous sommes dans la période où
le fonctionalisme structural (Evans-Prittchard) dominait les
analyses historiques et anthropologiques des sociétés
africaines, et alors on ne voyait pas le dynamisme social et
historique.
7. ANMK, FR 3 Q 59 Question de l'or 1934-
1945, année 1944.
8. ANMK, FR 1 E 46 Rapports de
tournées dans le cercle de Bamako 1932-1935. En 1996,
j'entendais à Toumondo (présentement à
côté du village de Komakara) que le village était
transféré au moment du changement de la frontière.
ANSOM, Soudan VII, Administration générale,
dossier 3, décision no. 73 du 13 janvier 1897 détermine
la nouvelle frontière et mentionne que Naréna a
été transféré au cercle de Bamako.
9. Le décret de cette création
(daté du 18 juin 1941) se trouve dans ANMK, FR 2 D 23
Inspection des Affaires Administratives Kangaba 1951-1953.
10. ANMK, FR 1 E 26 Rapports politiques et
rapports de tournées subdivision Kourémalé 1942-
1946.
11. ANMK, FR 2 E 159 Affaires politiques,
administratives et judiciaires 1933-1947, rapport 13
`Orpaillage - Réserves indigènes. Exploitation des
placers Soudanais Bamako 1935-1937' [sic - Jansen], rapport du 23
avril 1947. En 1949 quelques gens migrèrent à
Koflatè, bien que les revenus soient petits (ANMK, FR 1 E
7 Rapports politiques et rapports de tournées cercle de
Bamako 1950-1958).
12. ANMK, FR 1 E 20 Rapports politiques et
rapports de tournées subdivision de Kangaba, rapport
mensuel de 18 décembre 1952. Le rapport mensuel du 24
novembre parle du désir des habitants de Kenyéba
d'aller commencer l'orpaillage dans leur propre village.
13. En ce moment le canton de Maramandougou a
été divisé en deux parties (les cantons de
Maramandougou [Figuira] et le canton de Mininjan [Kangaba]),
institutionalisant ainsi la rivalité entre les villages
depuis 1888. Voir aussi Jansen 2000 et 2000b.
14. ANMK, FR 1 E 70 I Rapports Politiques
Rapport de Tournée Cercle de Bamako 1921-1944, rapport
1929.
15. ANMK, FR 2 D 23 Inspection des
Affaires Administratives Kangaba 1951-1953.
16. ANMK, FR 1 E 20 Rapports politiques et
rapports de tournées Subdivison de Kangaba.
17. Pour 1938, ANMK, FR 2 E 5 Fiches de
renseignements des chefs de canton Bamako II 1917-1958, pour
1947, ANMK, FR 2 D 23 Inspection des Affaires Administratives
Kangaba 1951-1953. Les autres cantons de la subdivision
avaient des chiffres remarquablement différents:
Maramandougou avait 20.685 habitants et Bacama 1.101.
18. ANMK, FR 1 E 26 Rapports politiques et
rapports de tournées subdivision Kourémalé 1942-
1946.
19. ANMK, FR 2 E 121 Instructions
générales des chefs de canton 1905-1946, Rapport,
Paris, le 11 octobre 1929, p. 3.
20. ANMK, FR 1 E 70 I Rapports politiques
rapports de tournée cercle de Bamako 1921-1944, 1930 2e
trimestre. L'administrateur Chef de la Subdivision E. Pelissier
voulait ajouter le canton de Bacama (avec 602 imposables) au
canton de Naréna. Au canton de Sobara (1.162 habitants) il
voulait ajouter Bintania (305 habitants), Ouenta (285 habitants)
et Kenieba-Congo (815 habitants). Quelques années
après, le canton de Ouenta fut supprimé et ajouté
au canton de Bintania (voir les documents sur ces cantons dans
ANMK, FR 2 E 4 et 2 E 5). Cette mesure est encore
fortement rappelée par la population (voir Zobel 1996).
21. ANMK, FR 2 D 23 Inspection des
affaires administratives, rapport no. 118/AA1 Kangaba (1953).
22. Documentation dans ANMK, FR 2 E 5
Fiches de Renseignements des Chefs de Canton, Bamako II 1917-
1958, 18 Sendougou.
23. ANMK, FR 1 E 70 I Rapports politiques,
rapports de tournée cercle de Bamako 1921-1944.
24. Trouvé dans ANMK, FR 2 D 23
Inspection des Affaires Administratives Kangaba 1951-1953.
25. ANMK, FR 2 E 5 Fiches de
Renseignements des Chefs de Canton, Bamako II 1917-1958,
Naréna.
26. Par rapport à la liste des chefs
successifs (voir appendice dans l'article de Daouda Nambala
Keita), il y a un petit problème. Une lettre du 6 janvier
1936 informe de l'installation d'un certain Nambala. Les
opposants de ce Nambala sont les villages de Karan et
Keniéba. Mais il s'agit de quel Nambala? Une lettre
datée du 3 août 1936 traite à confusion. Elle
nous informe que Nambala Keita succède à son defunt
homonyme Nambala Keita.
27. Les fiches de 1938 et 1939 sont
écrites par l'administrateur Hanin, chef de subdivision, et
approuvées par André Morel, commandant de cercle de
Bamako.
28. En 1996, lorsque je faisais des
recherches sur Nankoman, l'ancêtre des Keita de Naréna,
je n'ai pas trouvé pas d'information importante sur Nankoman
à Sokourani. Cela m'étonnais à l'époque,
ignorant la situation avant 1915. Voir note 27.
29. Je remercie Abdulayi Traoré de
l'ANMK pour ses efforts dans la recherche de documents sur ce
sujet. Malgré les conditions déplorables de quelques
divisions des Archives Nationales (voir Conrad 1976, Harmon
1992), il a pu trouver plusieurs sources qui semblaient
intéressantes, mais qui ne contenaient pas d'information sur
Nambala. En général, l'année 1944 n'est pas bien
documentée par les Français, ni à Bamako, ni
à Aix-en-Provence où se trouve l'ANSOM. Grâce
à M. Traoré j'ai pu consulter les documents suivants:
dans la section ANMK, `Numérologiques II': FR 1 M 1103
Justice Indigène Tribunal Colonial d'Appel de Bamako 1944-
1946 [qui contient aussi décembre 1943 - Jansen];
ANMK, FR 2 M 17 Justice Indigène Bamako-Naréna-
Goudam 1936-1952; ANMK, FR 2 M 152 Justice Indigène -
Application des lois d'amnistie à certains condamnés du
cercle de Bamako 1932-1947; dans la section
Numérologiques III: ANMK, FR 480 Justice de Bamako 1931-
1950; ANMK, FR 1 M 2465 Remise de peine - Recours en
grâce - tous cercles 1932-1947. Le dossier ANMK, FR 2
M 270 malheureusement ne contenait pas le document `promis'
par son titre Notice des jugements rendus cercle de Bamako
1932-1946.
30. ANMK, FR 2 E 5 Fiches de
Renseignements des Chefs de Canton, Bamako II 1917-1958,
Naréna.
31. Sur Mamadou Diabate comme chef de village
en 1960, voir Kante et Erny 1993 et l'article de Daouda Nambala
Keita (voir ci-dessus).
32. ANMK, FR 1 E 20 Rapports Politiques et
Rapports de Tournées Subdivision de Kangaba, rapport de
29 septembre 1952.
33. ANMK, FR 1 E 7 I Rapports Politiques
et Rapports des Tournées Bamako II 1945-1958, 1950,
revue trimestrielle des événements du Ier trimestre
1950. Les rapports mentionnent que, à cette époque,
toute la région a été islamisée. Le rapport
du quatrième trimestre de 1951 dit qu'il est `calme à
Naréna'.
34. ANMK, FR 2 E 5 Fiches de
Renseignements des Chefs de Canton, Bamako II 1917-1958,
Naréna. Le rôle de Faguimba Keita, chef de canton de
Maramandougou, personne hautement estimée par les
Français, n'est pas clair. Ce Kandasi (descendant de la
branche de Kanda, comme Fabou, fut regulièrement
consulté par les Français pour diverses affaires
politiques.
35. Télégramme Lettre CC Bamako
à Gouv. Soudan Koulouba No 1843 S-I du 25 juillet 1943.
36. Cela s'explique aussi par leur position
sociale comme des collaborateurs de l'administration coloniale
(voir Camara ci-dessus).
37. Le commandant ajoute ici: `serviteur de
la famille de Nambala, illittré, mais sage et honnête,
rien à craindre de lui'.
38. Trouvé dans ANMK, FR 2 D 23
Inspection des Affaires Administratives Kangaba 1951-1953.
39. Pour l'élection du nouveau chef de
canton il envoie des `jeunes diplomates' qui sont renvoyés
sans être consultés à Naréna par
l'administrateur Coisson. Voir: ANMK, FR 2 E 30 Fiches de
Renseignements des Chefs de Canton - Kangaba 1943-1957.
40. En 1951, à Naréna, Yamoudou
Keita est considéré comme le leader d'opposition contre
Sinémory. Voir: ANMK, FR 1 E 20 Rapports politiques et
rapports de tournées subdivision de Kangaba. Vu les
conventions de 1943, le terme `légitimiste' a été
utilisé incorrectement et injustement; le groupe de
Naréna avait raison de revendiquer la chefferie de
Naréna.
41. ANMK, FR 1 E 20 Rapports politiques et
rapports de tournées subdivision de Kangaba, rapport
1954. Cette année, Keniéba refusa de collaborer à
un `recensement'.
42. Le quartier Djigui a été
construit en 1953 sans la permission de l'autre côté du
marigot de Keniéba afin de matérialiser la
séparation entre les deux groupes Keita. Les jeunes du
nouveau quartier ont détruit le puits de l'ancien quartier;
cinq d'entre eux ont été mis en prison à Bamako.
43. ANMK, FR 2 E 30 Fiches de
Renseignements des Chefs de Canton - Kangaba 1943-1957.
44. ANMK, FR 1 E 7 Rapports Politiques et
Rapports des Tournées Bamako II 1945-1958, rapport 1955,
p. 3
45. ANMK, FR 2 D 23 Inspection des
Affaires Administratives Kangaba 1951-1953.
46. ANMK, FR 1 E 20 Rapports politiques et
rapports de tournées subdivision de Kangaba, p. 3.
47. Malgré la remarque `erreur n'est pas
crime' M. Berthet fut très pessimiste, parce qu'il conclut:
`Et un jour tout finira mal (...) et par notre faute (...) mais
l'administration, responsable, devra s'expliquer, et ce sera
difficile.'
48. ANMK, FR 1 E 20 Rapports politiques et
rapports de tournées subdivision de Kangaba.
49. Ib., rapport du 24 novembre 1952. Il est
bien possible qu'à la base de cette initiative fut un
conflit entre Karan et Keniéba. La population de Karan
collabora parfaitement et demanda comme rémunération un
marché hebdomadaire ou un magasin de stockage de grains
(voir ib., rapport du 31 décembre 1951).
50. ANMK, FR 1 E 26 Rapports politiques et
rapports de tournées subdivision Kourémalé 1942-
1946, Kourémalé 1942. Les leaders `d'agitation'
étaient: Mamadou Coné, Baya Tènè Kouman
[Keita? - Jansen] et N'Faly Bérété, `marabout
chasseur, ancien tirailleur' (sa photo est dans Johnson 1986, p.
86).